Situation du Nord Mali

M. Roland Povinelli attire l’attention de M. le Ministre des Affaires Etrangères sur la situation de la région du nord du Mali.

La situation des enfants dans le nord du Mali, occupé et contrôlé par des groupes armés – surtout islamistes -, où des mineurs sont enrôlés, victimes d’engins explosifs et violés est gravement préoccupante. Des preuves rassemblées depuis fin mars montrent qu’au moins 175 enfants âgés de 12 à 18 ans ont été recrutés par des groupes armés, qu’au moins 8 filles ont été violées ou abusées sexuellement, deux garçons âgés de 14 et 15 ans tués dans deux incidents séparés liés à des engins explosifs et 18 enfants mutilés. En outre, est constatée la fermeture de la vaste majorité des écoles dans toute la région qui concerne jusqu’à 300 000 enfants des seuls cours élémentaires. Les enfants qui ne vont pas à l’école sont encore plus exposés à l’enrôlement (par les groupes armés), à la violence et l’exploitation. L’Unicef a d’ailleurs noté que les violences dans cette région s’accompagnent d’une « crise nutritionnelle grave » liée à la sécheresse dans presque tous les pays du Sahel.

Dans l’ensemble du Mali, ce sont quelque 560 000 enfants qui sont menacés de malnutrition sévère, dont 175 000 à 220 000 qui risquent de mourir sans assistance adéquate, affirme l’Unicef. Enfin, plus de 330 000 personnes, dont un cinquième sont des enfants, ont fui leurs domiciles, 150 000 étant déplacées au Mali et plus de 180 000 réfugiées dans les pays voisins. Il lui demande quelle est la position de la France face à ce désastre humanitaire et ce qu’elle envisage de faire.

Réponse de M. le ministre des affaires étrangères.

La protection des enfants et la lutte contre leur enrôlement dans les groupes armés constituent l’une des priorités de la politique étrangère de la France en matière de droits de l’Homme.

Préoccupée par la situation au Mali, la France a porté au sein du Conseil de Sécurité la résolution 2056 adoptée à l’unanimité le 5 juillet dernier, condamnant toutes les violations des droits de l’Homme commises et notamment le recrutement d’enfants-soldats dans le nord du Mali. En outre, la France a soutenu l’adoption d’une résolution portant sur la situation des droits de l’Homme au Mali lors de la 20e session du Conseil des droits de l’Homme en juin dernier, une résolution qui condamne également le recrutement d’enfants soldats.

La France veillera à ce que le cinquième forum de suivi des Principes et engagements de Paris, prévu en septembre prochain, soit l’occasion de renforcer la réponse de la communauté internationale à cet aspect fondamental de la crise malienne. La grave crise humanitaire au Mali et plus largement au Sahel retient aussi toute l’attention de la France.

À la demande du bureau de la coordination des affaires humanitaires, la France présidera le groupe des amis pour le suivi de la situation humanitaire au Sahel à Genève. Les autorités françaises veillent à la mobilisation des Nations Unies, de l’Union européenne, des acteurs régionaux comme l’Union africaine, la CEDEAO et la communauté internationale sur cette situation pour répondre aux multiples enjeux politiques, sécuritaires, humanitaires de la crise sahélienne.

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères a reçu les 14 et 15 juin derniers Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra, Président et Premier ministre par intérim de la République du Mali. Il s’est rendu dans plusieurs États de la région en juillet pour appuyer leurs efforts.

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